Faux et Usages de Fous

par Angélique

Anatole, apeuré et craintif, entre dans la salle d’attente de son futur psychiatre. Il semble être un vieux garçon qui a du mal à sortir de ses habitudes et de ses préjugés.

En face de lui, Paul est charismatique avec un sourire carnassier inquiétant. Extraverti et décalé, il entraine Anatole dans une discussion, sans avoir l’air d’en démarrer une. L’attaquant de front sur le choix de son siège, il détourne son attention jusqu’à lui faire avouer ses petits secrets.

Poussant plus loin, Paul demande à Anatole de mimer la scène du meurtre qu’il a soit disant commis. D’offusqué, Anatole se laisse insensiblement entrainer dans des situations décalées l’amenant à se dévoiler et à prendre position. Nous assistons à des scènes où chacun se lâche sans filet, avec une bonne foi sauvage, en prenant un plaisir fou.  Quipropos, engueulades et jeux de rôles ne nous laissent aucun répit.

Anatole se dévergonde, manipulé par Paul qui le houspille et l’oblige à dire la vérité sans fard. On finit par se dire qu’entre je jeu d’Anatole, introverti au départ et celui de Paul, qui de normal devient excessif et déjanté, cela va dégénérer dans des situations totalement cocasses et décalées. Chacun a l’air d’être fou à sa manière, pourtant le coup de théâtre de la fin nous interroge.

Qui est ce psychiatre ? Quelles sont ses méthodes ? Comment s’y prend-il pour remettre en place un puzzle cérébral ? Qui est fou et qu’est-ce que la folie finalement ?

Dès la première scène, avant même qu’un seul dialogue soit échangé, la salle est secouée de rire par le décalage entre les deux protagonistes de l’histoire. Les répliques fusent, irrationnelles mais logiques lorsque l’on comprend ce qui se joue vraiment. Les rires sont contagieux et irrésistibles.

L’auteur, Hugues de Rosamel nous livre un esquisse de relations subtiles, effrayantes mais percutantes et drôlissimes avec un regard plein de tendresse sur ses personnages.  Richard Hervé  et Laurent Leca sont totalement investis dans cette loufoquerie pleine de sens.  Je retiendrai la performance physique d’Anatole, lors d’une scène d’anthologie et mes crampes aux zygomatiques.

Allez-y vous passerez un très bon moment !

 

Cette comédie en un acte est actuellement au Théâtre des Feux de la Rampe

Les mardis à 21h30 jusqu’au 27 décembre 2016

Durée 1h15

Auteur : Hugues De Rosamel

Mise en scène : Karine MARCHI
Avec : Richard Hervé et Laurent Leca