David Mackenzie a signé un film puissant sur fond d’Amérique profonde. Le souffle est celui d’un western sur fond de thriller dans une vision sociale saupoudrée d’humour et de poussière.

Deux frères ne peuvent payer les droits de succession du terrain de leur mère, tout récemment décédée. Ne pouvant rembourser leur emprunt, la banque va les exproprier, après avoir outrageusement utilisé le taux d’usure.

Afin de sauver les meubles, ils décident de braquer les succursales de cette même banque pour rembourser leur crédit, se maintenir dans la maison de famille et démarrer l’exploitation du pétrole sur leur terrain.

Il s’agit d’un road movie, de cow boy, d’Amérique profonde, de courses poursuites et de Shériff. C’est un film efficace et sans concessions.

L’un des deux frères sort tout juste de prison, tandis que l’autre est divorcé mais mène une vie bien rangée. A eux deux, ils vont faire sauter les compteurs, braquer des banques et s’amuser comme des petits fous. Ils se retrouvent enfin. En parallèle, un ranger bientôt à la retraite exhorte son adjoint à les pister pour les coincer. Jeff Bridges, qui joue Marcus, nous fascine par son charisme et son côté vieux renard. Il est tout à fait crédible et peut même nous impressionner dans son rôle de ranger. Son accolyte, Gil Birminghan lui donne la réplique ou plutôt encaisse ses mauvaises blagues sur les indiens, avec une impassibilité extatique.

L’histoire nous montre à quel point le système bafoue l’homme et s’en sert pour mieux le dépouiller, tout en gardant la loi de son côté. Finalement, on peut se demander qui est hors la loi. La banque qui utilise des manœuvres imparables pour s’emparer des biens de ses clients ? Ou les braqueurs de ladite banque.

Il y a quelques moments savoureux lorsque les deux frères redéposent leur butin pour rembourser leur crédit. On se régale. Certains dialogues sont bien sentis et fort drôles. D’autres montrent la colère des usagers. Le monde n’a plus de sens commun que celui de l’argent finalement.

On respire dans ces immenses espaces, le soleil qui poudroie sur les routes. L’envie de boire les bières qui sont à l’écran montre que nous sommes bien dans l’histoire, parmi les acteurs de ce superbe film. A voir, pour le plaisir.

Angélique Josse