Eroïn est une association qui a décidé de permettre aux réalisatrices de promouvoir et valoriser leur travail en France et à l’international. Eroïn part du constat que la place des femmes dans le cinéma français est de plus en plus importante. Maïwenn, en 2011, qui a reçu le Prix du Jury du Festival de Cannes, en est un bel exemple.

L’association Eroïn développe la distribution et la diffusion des courts métrages qu’elle met en avant, notamment avec un partenariat avec France Télévision. L’objectif de l’association est de proposer des masterclass, mettant en avant une réalisatrice du catalogue chaque mois. Elle est présente à Cannes pour sa seconde édition.

L’envie d’Eroïn est de créer un vrai label qualité de court métrage de réalisatrices à travers un festival itinérant.  Le pari est réussi car nous avons été emballés par la qualité des courts métrages.

Lors de cette projection cannoise, nous avons eu la chance de visionner cinq films excellents, à l’hôtel Eden de Cannes.

Aurélie Chesné, conseillère de programme au pôle court métrage de France 3, a annoncé son partenariat avec Eroïn, pour une diffusion sur la chaîne. Certains films seront diffusés tous les lundis soirs à partir de 0h30 sur France 3 et sur Pluzz en replay.

La présidente d’Eroïn, Audrey Clinet était accompagnée de ses « héroïne » :

Virginie Scwhartz nous présente « 8 coups », un drame sur fond de thriller avec Ramzy et Paul Hamy. J’ai aimé l’histoire de ces deux hommes que rien  ne relie hormis une fin terrible. Si Ramzy en est la cause, il en sera aussi la victime. Le tout sur fond social et de famille recomposé, de passion et de transgressions de l’interdit. La luminosité est belle avec une vraie recherche qui donne de la profondeur aux personnages. J’ai aimé.

Keren Maricano nous présente « Rictus Erotique » . Un couple incarné par Vanessa Guide et Benjamin Lavernhe de la comédie française, traverse une crise lors d’un week-end de rêve à la montagne. Joli petit film sans prétention qui paraît un peu sec et donne envie de plus. Trop court ou pas assez équilibré à mon goût. Très parisien dans l’esthétique.

Sarah Lelouch nous présente son excellent premier court métrage  « C’est du caviar » qui a d’ailleurs remporté le prix du public au Festival de Colcoa. Il est inspiré d’une histoire vraie dont on avait eu vent l’année dernière sur les réseaux sociaux. La rupture amoureuse est au centre du débat. Elle est savoureuse et inoubliable. Nous avons aimé les décors, la lumière, le jeu des acteurs et la chute invraisemblable qui nous a mis en joie.

Diana Rudychenko nous a présenté Yushka, inspiré d’un roman russe. Malgré une présentation bucolique et poétique, ce court métrage m’a paru ennuyeux et laissé de marbre.

Enfin, le coup de cœur d’Eroïn avec « Heis », sélectionné aux Cross Video Dayx du Pavillon Next, en collaboration avec le Marché du Film.

Compte tenu de la qualité de ces réalisations, nous sommes impatients de voir leur diffusion. Assurément, Eroïn a réussi son pari et a de beaux jours devant elle.

Angélique Josse